« Le prince défend la loi et la liberté du peuple. Le tyran, lui, s’imagine n’avoir rien fait tant qu’il n’a pas anéanti les lois
et réduit le peuple en esclavage ».
En septembre 2024, nous avions réalisé une recension du livre La France sacrifiée ? Réarmement et programmation militaire 2024-2030 dans lequel Me Virginie de Araújo-Recchia analysait la loi et les débats parlementaires et réalisait ce que l’on pourrait appeler une traduction en langage courant pour les non aguerris du vocabulaire et des subtilités des textes législatifs. Nous avions souligné qu’aucune guerre ne s’est jamais produite subitement, et qu’elles sont bien toutes préméditées, ainsi qu’en attestent les débats parlementaires et les textes.

Aujourd’hui, en avril 2026, Me Virginie de Araújo-Recchia lance une nouvelle alerte que l’on pourrait résumer en quelques mots : FRAUDE TOTALITAIRE, mise en place d’un nouveau régime d’exception ; un pouvoir discrétionnaire absolu : légalisation de l’arbitraire. Nous soulignons ici le travail extrêmement précieux réalisé gracieusement par Me Virginie de Araújo-Recchia qui, à l'opposé d'effets d'annonces médiatiques à la profondeur souvent bien maigre, s'engage courageusement une fois encore, prend position fermement et nous offre une information de très grande qualité. Bien que les avocats travaillent généralement seuls et préservent la propriété de leurs analyses, il serait peut-être temps, pour eux, de faire corps face à un système totalitaire qui n'épargnera personne.
L'histoire nous apprend même que les plus fervents collaborateurs sont des victimes de choix dès lors qu'elles ne sont plus "utiles" :
« C’est seulement dans ses premiers stades que la terreur totalitaire est dirigée contre les opposants du régime, elle en vient ensuite
à éliminer ses propres partisans (comme dans l’exemple soviétique) pour se déployer finalement dans toute sa fureur lorsque,
en l’absence d’opposants comme de partisans, elle s’en prend uniquement aux innocents. [...] Tout se passe donc comme si le
régime totalitaire voulait effacer tout témoin de ses forfaits, qu’il s’agisse d’un témoin réel ou d’un témoin potentiel,
et ce témoin peut même être l’allié du jour, qui devient l’ennemi du lendemain, car il en sait trop.»
(Ariane Bilheran, Psychopathologie du totalitarisme, p. 126).
Dans les 21 pages de son article, elle reprend le subterfuge dissimulé dans la loi de programmation militaire qui utilise des termes flous, des définitions vagues pour donner un pouvoir exclusif à l’exécutif, c’est à dire faire abstraction des assemblées élues ou même des juridictions (Tribunaux, Conseil d’État, Conseil constitutionnel). En clair, la mise en place d’un système totalitaire au pouvoir discrétionnaire absolu.
« La singularité du totalitarisme est dans son ambition de la domination totale, le règne sans partage sur les corps et
les esprits (la vie intime des sujets), le refus catégorique de toute forme d’opposition, le règne par la terreur et l’idéologie
(laquelle a pour premiers principes le mépris du passé et l’organisation du changement dans les comportements jusqu’à
légitimer les actes criminels), son expansion spatiale, son absence de limite temporelle future, et le sacrifice des innocents. »
(Ariane Bilheran, Psychopathologie du totalitarisme, p. 37).
« L’ambition d’une domination totale, internationale dans son organisation, universelle dans son but idéologique
et planétaire dans ses aspirations politiques. » (Hannah Arendt, citée dans Ibid., p.15).
Elle poursuit avec l’analyse du projet de loi n°2630 présenté à l’Assemblée nationale en avril 2026 qui vient augmenter le budget de la mission Défense de 36 milliards (soit 436 milliards pour 2024-2030) alors même que le Conseil d’État en souligne les nombreux aléas mais ne fait pas d’observation au regard des droits fondamentaux des personnes.
Mais aussi et surtout elle décrit la mise en place d’un régime d’exception par la superposition de plusieurs régimes qui activés simultanément (ils se fondent sur les mêmes circonstances) mettent en place un régime totalitaire absolu qui annihile tous les garde-fous de la démocratie et prive les citoyens de leurs droits les plus fondamentaux.
Enfin, elle observe les manipulations au sein de l’Union européenne qui visent à faire sauter les verrous fondamentaux de la souveraineté des États en matière de défense. Ainsi la mobilisation de 800 milliards via le règlement instituant l’instrument SAFE (Security Action for Europe) qui recourt à des articles concernant les urgences économiques et court-circuite ainsi les procédures démocratiques ordinaires. Les clauses passerelles permettant de modifier les modalités de vote. Les coopérations renforcées qui grignotent les souverainetés nationales. Et le déploiement de forces armées sur le territoire national soumission des exportations militaires françaises à l’approbation de cabinets de lobbying étrangers travaillant pour la Commission.
« Ce qui est proposé n'est rien d'autre que la création d'un organe décisionnel militaire supranational qui contournerait le Conseil
— et donc l'unanimité — pour fonctionner selon un principe de majorité de facto. [...] les velléités de modification des traités
de l'Union européenne en matière de défense ne constituent [...] un objectif explicitement poursuivi par certains acteurs institutionnels
européens, qui utilisent chaque crise — sanitaire, géopolitique — comme prétexte à de nouvelles extensions de compétences. »
Elle reprend l’analyse du Dr Ariane Bilheran qui décrit la logique totalitaire de la « guerre perpétuelle ».
Son alerte comprend des recommandations au niveau législatif comme le refus d’adoption d’une nouveau régime d’exception, la saisine du Conseil constitutionnel et un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme. Elle rappelle que des juristes de premier plan ont documenté la défaillance systémique du contrôle juridictionnel. Enfin, elle pose la tradition du droit naturel et du droit des gens à opposer une résistance légitime : « une loi injuste n’est pas une loi et ne saurait obliger les consciences, la mobilisation des citoyens n’est pas une option mais une responsabilité ».
Elle conclut sur le basculement en cours d’un État de droit vers un État de sécurité (état d’exception permanent) et les tentatives répétées d’évitement du contrôle parlementaire.
« Le droit - positif, naturel, ou des gens - ne protège les libertés que pour autant
que ceux qui en bénéficient acceptent d’en assumer la défense. »
Nous vous invitons à prendre quelques minutes de votre temps afin de transmettre son analyse à vos élus (maire, député, sénateur) afin de faire valoir votre refus du renforcement du système totalitaire dans lequel nous sommes déjà.
Sources : fil Telegram : https://t.me/vdar_avocat et article : https://dar-avocats.com/2026/04/10/de-la-lpm-2024-2030-a-son-actualisation-de-2026-quand-letat-dexception-devient-la-norme/

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